INTRODUCTION
Depuis 1990, le Gouvernement entreprend des efforts d’assainissement de son environnement économique et de création d’incitations en matière d’investissement dans le souci de faire du secteur privé le moteur de la croissance et de la création d’emplois. A ces efforts, s’ajoute un environnement géographique naturel qui présente de nombreuses opportunités.
Deux cadres majeurs fondent la stratégie de développement du Bénin : Les Etudes Nationales de Perspectives à Long Terme (ENPLT) et le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP).
Le programme de développement 2001-2006 se propose de contribuer à faire du Bénin d’ici à l’an 2025 « un pays phare, un pays bien gouverné, uni et de paix, à économie prospère et compétitive, de rayonnement culturel et de bien-être social». Cette vision est inspirée du scénario ALAFIA.
Le DSRP, élaboré pour renforcer la politique d’allègement de la dette dans le cadre de l’initiative PPTE, constitue un élément de mondialisation de la solidarité entre les pays pauvres et les pays riches.
La présente communication sur les opportunités d’affaires au Bénin s’articule autour des 10 points que sont :
- l’environnement politique
- l’efficacité macro-économique
- le cadre institutionnel des investissements
- le marché du travail
- les infrastructures
- l’ancrage régional et international du Bénin
- les opportunités d’affaires au Bénin
- les structures d’appui aux entreprises
- les contraintes persistantes
- la place des Béninois de l’Extérieur
L’ENVIRONNEMENT POLITIQUE
Le débat sur la démocratie politique comme cause du développement économique n’est pas tranché. Mais, il est d’évidence que personne ne contestera que dans un pays où la paix règne, où il n’y a pas de guerre civile et où l’alternance au pouvoir se réalise par des élections démocratiques, régies par des lois clairement définies, se développe un environnement politique, incontestablement favorable à l’expression des initiatives économiques.
Nous n’ignorons pas qu’aux yeux des investisseurs, un risque-pays faible est un élément capital d’appréciation dans la décision d’investir ou non dans un pays.
Douze ans de démocratie libérale après la Conférence des Forces Vives de la Nation tenue en février 1990 ont commencé à faire du Bénin, un pays où les droits de propriété sont protégés dans les faits bien au-delà des dispositions qui sont prises en la matière dans la constitution fondatrice de l’Etat de droit du 11 décembre 1990 qui stipule en son article 22 que : «toute personne a droit à la propriété ; nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d’utilité publique et contre juste et préalable dédommagement » . La protection des droits de propriété est l’un des éléments qui permettent à l’économie libérale de fonctionner.
Le Bénin s’efforce chaque jour davantage à consolider sa démocratie et la bonne gouvernance des affaires publiques et privées, leviers fondamentaux de la réussite des objectifs de développement économique.
La croissance continue de l’économie béninoise marquée par des signes d’accélération sont les preuves tangibles de la réussite de l’options prise.
L’EFFICACITE DES INDICATEURS MACRO-ECONOMIQUE COMME PREUVE DE L’EXISTENCE D’UNE DEMANDE SOLVABLE
Sur le plan macroéconomique, la reprise entamée depuis 1991 s’est poursuivie. Quelques indicateurs permettent d’apprécier les efforts faits.
La situation économique du Bénin de 1996 à 1998, s'est progressivement améliorée, avec une résorption des effets rémanents de la dévaluation.
L’année 1999 est caractérisée par un accroissement de l'ordre de 5% du PIB.
La croissance s’est poursuivie en 2001 avec un taux de croissance du PIB de 5,6%. Ce qui place le Bénin en 2ème position en Afrique Subsaharienne après la Guinée Bissau. Les perspectives de croissance économique en 2002 sont aussi prometteuses car il est prévu un taux de croissance de l’ordre de 6%.
L’inflation est maîtrisée à partir de 1995. Elle est passée de 38% en 1994 (année de la dévaluation du franc CFA), 14,4% en 1995 à 0,3% en 1999 avec toutefois une pointe de 5,8 % en 1998.
Depuis l'année 2000, l'inflation plafonne autour de 4 % en raison de l'application du Tarif Extérieur Commun (un tarif douanier adopté par l'ensemble des pays de l'UEMOA dans le cadre de l’harmonisation fiscale dans les Etats membres) et de la hausse du prix des produits pétroliers.

La bonne tenue des finances publiques a permis de ramener le déficit global de 10,50 % du PIB en 1990 à 4,5 % en 2001 avec une baisse spectaculaire à 0,9% en 1998, restaurant ainsi une solvabilité de l’Etat vis-à-vis de ses créanciers nationaux et étrangers.

Au niveau de la Balance des Paiements, il est enregistré un excédent de 71,2 milliards et la masse monétaire a crû de l’ordre de 92,6 milliards pour se situer à 413,7milliards.
Les avoirs nets estimés à 70 milliards en 1998, sont passés, entre janvier 1999 à novembre 1999, à 88,9 milliards et la Position Nette du Gouvernement s'est renforcée de plus de 43 milliards.
Le taux d’investissement (public et privé) a connu une forte augmentation, passant de 14,2 % du PIB en 1990 à 19,4 % du PIB en 2001.

Par ailleurs, le commerce extérieur béninois a connu une évolution positive au cours de la décennie écoulée avec une hausse des exportations de 3,1 % et une baisse de 6,5% des importations en 2000 avec toutefois un taux de couverture passant de 42,4 % en 2000 à 47,3 % en 2001.
Ces indicateurs macroéconomiques sont révélateurs de l’existence d’une demande solvable au Bénin. L’amélioration de la qualité de l’environnement bancaire béninois, grâce à l’assainissement du système bancaire, a contribué largement à ces résultats.
L’ANCRAGE REGIONAL ET INTERNATIONAL DU BENIN
Bien que le Bénin soit un petit pays (une superficie d’environ 113.000 km² et une population de l’ordre de 7000 000 d’habitants), sa position géographique par rapport au Géant d’Afrique, le Nigeria, lui confère un espace économique favorable à l’investissement. Les réexportations du Bénin vers le Nigeria représentent une demande importante et un véritable atout pour les investissements. De plus, le Bénin est un pont naturel entre le Nigeria d’une part, le Ghana, la Côte-d’Ivoire, via le Togo, d’autre part.
La façade Atlantique du Bénin en fait un pays de transit pour les pays de l’hinterland tels que le Niger, le Burkina Fâso, le Mali ou encore le Tchad.
Les politiques régionales harmonisées ont commencé à produire leurs impacts.
La mise en œuvre du TEC a permis une hausse du niveau de taxation des importations en 2000. C’est une sorte de protection de la production nationale et sous-régionale. Les importations ont régressé en 2000 aussi bien en valeur qu’en volume par rapport à 1999.
Au niveau de l’UEMOA, il est retenu 124 produits industriels béninois qui sont agréés à la taxe préférentielle communautaire.
Les projets de réformes en matière de politique industrielle commune de l’UEMOA et du TEC-CEDEAO, qui sont toutes des réformes économiques destinées à accroître la production industrielle nationale et régionale permettront de réduire sensiblement l’influence des pays non-membres sur l’économie de l’Union.
Les pays de l’Union qui opèrent les plus grandes exportations vers le Bénin (mesurées en valeur) sont : la Côte d’Ivoire ( 72%), le Sénégal ( 17,8%) et le Togo (9,8%).
Dans la CEDEAO, les cinq pays qui importent plus du Bénin sont : le Niger, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Sénégal et le Nigeria, selon les statistiques officielles.
Le Bénin importe surtout de l’Europe (50,7%), de l’Afrique (25,5%) et de l’Asie (19,5%).
Les produits actuellement les plus exportés par le Bénin sont le coton, la noix de cajou, le ciment et le karité.
Les principaux clients du Bénin en 2000 sont : l’Inde (31,7%), le Brésil (8,9%), l’Italie (6,4%), l’Indonésie (50%) et la Turquie (4,7%) des volumes d’exportation.
L’Afrique au Sud du Sahara, hors l’Afrique du Sud pèse seulement 1,2% du commerce mondial et 0,5% des investissements mondiaux.
Le Bénin, pour réussir, doit tenir compte d’un monde en mutation permanente.
Le nouveau plan stratégique de développement et le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) sont en train d’offrir un cadre adéquat pour l’endogénéisation du développement du Continent.
Le TEC, les projets communautaires d’infrastructures, le Pacte de Convergence, de Stabilité et de Solidarité, le Visa CEDEAO, le passeport CEDEAO sont des éléments forts d’ancrage régional du Bénin.
Les accords internationaux tels que ceux conclus dans le cadre ACP-UE à Cotonou privilégient une stratégie de développement reposant sur une approche participative caractérisée par une appropriation locale des réformes ainsi que l’implication du secteur privé et de la société civile dans le processus de développement.
UN CADRE INSTITUTIONNEL DES INVESTISSEMENTS TRES INCITATIF
Le cadre institutionnel est assaini par les mesures suivantes :
- le désengagement de l’Etat des secteurs de production qui supprime la concurrence déloyale des structures étatiques ;
- la création du Guichet Unique qui allège et diminue le coût des démarches administratives et réglementaires de création d’entreprises;
- la création des zones franches commerciales et industrielles ;
- l’aménagement de zones industrielles viabilisées.
Dans le code qui régit les investissements au Bénin, il est prévu des dispositions relatives aux investissements. II s'agit du régime de droit commun, des régimes privilégiés et un régime spécial. Selon le type de régime, plusieurs droits et taxes à l'entrée sont supprimés aux entreprises nouvellement créées. Le Code consacre la liberté commerciale ainsi que la liberté d’entrée, de séjour, de circulation, de sortie des expatriés et de leur famille.
En dehors des différentes mesures incitatives à la création, des garanties de transfert de capitaux sont devenues effectives à travers une politique de changes et de transferts mise en œuvre pour protéger les investisseurs étrangers. Cette politique, qui libéralise le rapatriement des rémunérations, des dividendes et du produit de la liquidation probable des sociétés, est régie par le règlement N° RO9/98/CM/UEMOA du 20 décembre 1998 relatif aux relations financières de l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) en ses articles 4, 6 et 7.
La fiscalité au Bénin est simplifiée et rendue lisible et souple par l’introduction de la TVA et la réduction de l’impôt sur le BIC de 48 % à 38 %. De même, le Tarif Douanier est allégé par la mise en vigueur au Bénin du Tarif Extérieur Commun (TEC) en cours dans les pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).
Selon la catégorie à laquelle appartient chaque marchandise importée, les Taux Cumulés (TC) sans l’Acompte Forfaitaire se présentent comme suit :
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Taux de Droit de Douane |
Taux Cumulés |
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0% |
20,95% |
|
5% |
26,85% |
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10% |
32,75% |
|
20% |
44,5% |
SOURCE : DP/DGAE/MFE
Par ailleurs, notons que le régime tarifaire des produits industriels originaires de l’UEMOA agréés, bénéficie d’un abattement de 100% sur le taux de Droit de Douane.
Pour encourager l’exportation, le Bénin a suspendu les droits et taxes à la sortie sauf pour le cacao en fève, le pétrole brut et les métaux précieux.
UN MARCHE DU TRAVAIL CARACTERISE PAR UNE BONNE QUALITE DE MAIN-D’ŒUVRE ET UNE BONNE FLEXIBILITE
Selon le baromètre CIAN 2002, la qualité du droit du travail et la qualité de la formation au Bénin sont assez bonnes avec une proportion de personnel de maîtrise au-delà de la moyenne de l’Afrique.
L’effort porté sur la scolarisation et les formations techniques et professionnelles permet au Bénin de disposer d’une main d’œuvre qualifiée à un coût de travail compétitif.
En effet, plusieurs milliers de diplômés de l’Enseignement Technique et Professionnel et près d’un millier de Cadres de l’Enseignement Supérieur sortent chaque année du système éducatif. Les domaines de formation les plus répandus sont :
- Sciences et Techniques Industrielles ;
- Sciences et Techniques Agricoles ;
- Sciences de la Santé ;
- Sciences Biologiques et Sociales ;
- Hôtellerie, Restauration et Café ;
- Sciences et Techniques Administratives et de Gestion ;
- Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.
On peut donc dire qu’il existe au Bénin des ressources humaines de niveaux professionnels diversifiés en phase avec les qualités de formation internationalement exigées, capables d’accompagner les investisseurs dans la mise en œuvre et le développement de leurs projets. A cela, s’ajoute un cadre institutionnel caractérisé par une législation sociale souple, conforme aux standards internationaux à savoir que :
- le droit de travail n’impose pas de contrainte sur le recrutement et le licenciement ;
- la durée hebdomadaire de travail est de 40 heures ;
- la Protection Sociale des Salariés est assurée par une caisse nationale.
UN ETAT DES INFRASTRUCTURES AU DESSUS DE LA MOYENNE REGIONALE
Les efforts effectués ces cinq dernières années ont permis de disposer d’infrastructures de qualité à savoir que :
· le cinquième port d’Afrique réputé pour son efficacité est celui de Cotonou
- le port de Cotonou est l’un des plus dynamiques de la sous-région. Il dispose de onze postes à quai permettant d’accueillir des navires conventionnels, des rouliers, des porte conteneurs, des pétroliers ;
- depuis 1997, le secteur de la manutention portuaire est libéralisé et est assuré par les Sociétés Maersk-Line, SDV, SBEM et SOBEMAP ;
· l’aéroport international de Cotonou est desservi chaque jour par des grandes compagnies mondiales et par des compagnies régionales dynamiques comme Cameroun Air-Lines, Air Burkina et Ghana Air- Ways. Quatre aérodromes sont répartis sur le territoire ;
· les grands axes routiers relient d’une part Cotonou aux pays de l’hinterland et de l’autre les capitales des pays côtiers : Lagos – Cotonou – Lomé – Accra Abidjan ;
- Le réseau routier estimé à 16 325 km en 1996, est classé en trois catégories :
v routes nationales et internationales : 3 425 KM ;
v routes rurales : 10 900 km ;
v voies municipales : environ 2 000 km
En raison des travaux de construction en cours, les infrastructures routières connaîtront une nette amélioration.
- le réseau ferré entre le Bénin et le Niger s’étend sur près de 800 km et permet une capacité de transport de marchandises de l’ordre de 600 000 tonnes par an.
Ces infrastructures constituent un vivier pour faciliter le déroulement des activités économiques
D’IMMENSES OPPORTUNITES AGRICOLES, MINIERES, INDUSTRIELLES ET FINANCIERES NON EXPLOITEES
Le nouveau cadre stratégique
Le Bénin incite les opérateurs économiques à contribuer à l’opérationnalisation de sa stratégie économique qui s’articule autour des points suivants:
- La diversification et l’intensification de l’agriculture ;
- La transformation des matières premières produites localement.
La Loi sur la Croissance et les Opportunités Economiques en Afrique (LCOEA ou AGOA) constitue un cadre d’opportunités offertes par les Etats-Unis pour l’opérationnalisation de la stratégie.
Le désengagement de l’Etat du secteur et la professionnalisation des acteurs sont clairement contenus dans la lettre de déclaration de politique de développement rural. Avec la nouvelle politique, le Gouvernement a identifié des secteurs que les privés ou les organisations professionnelles sont appelés à prendre en charge. Ce sont : la vulgarisation, le conseil en gestion et l’appui aux organisations de producteurs, la privatisation des fermes agricoles.
Sur le plan des potentialités agricoles :
Les activités agricoles au Bénin sont principalement caractérisées par une seule culture d’exportation que constitue la production du coton (3/4 des recettes d’exportation) dont le cours subit une baisse vertigineuse avec des stocks qui s’accumulent. Ce comportement défavorable du marché du coton est dû en partie au fait que les filateurs ont tendance à réduire leur consommation et au fait que les pays de l’OCDE, les Etats-Unis, la Chine et le Brésil accordent des subventions à leurs producteurs en violation des accords de l’OMC. A cela, il faut ajouter la meilleure productivité résultant de l’utilisation du coton transgénique (10% des superficies) et l’utilisation accrue des intrants.
Pour sortir de cette situation périlleuse, le Bénin développe des stratégies pour l’émergence et le développement des filières agricoles telles que l’ananas, l’anacarde, le manioc. Chacune de ses filières présente des contraintes dont la levée est source d’opportunités d’investissements rentables pour les promoteurs. A titre d’exemple, la filière ananas a du mal à se développer à cause de l’organisation du fret. De même, les projets de développement des tubercules et racines et d’aménagement des plans d’eau sont sources d’opportunités inestimables.
Sur le plan des potentialités agro-industrielles
En matière d’agro-industrie, il existe une production de matières premières non négligeable. On peut citer à titre d’exemples pour l’année 2000 : (source : Rapport sur l’état de la Nation, édition 2000).
- les 125 000 tonnes de production d’arachide ;
- Les 750 000 tonnes de production de maïs ;
- Les 126 000 tonnes de production de sorgho ;
- Les 4 200 000 tonnes de production de tubercules et racines ;
- Les 340 000 tonnes de production de coton ;
- les 250 000 hectares de plantations villageoises et les 100 000 hectares de plantations industrielles atteignent 100 000 ha ;
- la production non évaluée, mais non négligeable de karité ;
- les 15 000 tonnes de production de mangues.
- Les 42 000 tonnes de production d’anacarde ;
- Les 24 000 tonnes de production d’ananas ;
- Les 140 000 tonnes de production annuelle de tomates
- La production non négligeable d’agrumes.
A ces potentialités agricoles, on peut ajouter la filière élevage -abattage -charcuterie à base de viande de porcs qui a l'avantage de n'être pas concurrencée par les produits similaires importés. On évalue le cheptel porcin à 298 000 têtes en 2000. La production halieutique s’élève à 36 380 tonnes en 2000 contre 20.235 tonnes de poissons congelés.
Les biens alimentaires représentent 21,2% du total des importations en 2000, suivent les produits énergétiques (19%) et les produits textiles (17,2%).
La filière des plantes médicinales et pharmaceutiques est également un créneau dans lequel des options industrielles sont potentiellement porteuses.
Le programme d’action du gouvernement II se propose de soutenir la mise en place des organisations paysannes de promotion et de gestion des filières agricoles, une politique de soutien à l’acquisition d’équipements de production, de conservation et de transformation des produits agricoles.
Sur le plan des potentialités minières :
Le sous-sol béninois contient beaucoup de ressources minières dont les plus importantes sont :
- Les gisements de calcaire : celui d'Onigbolo est utilisé pour la cimenterie locale et pourra alimenter l'usine d’Onigbolo pendant plus d'un siècle au rythme actuel d'extraction ; celui de Massè demeure encore intact ;
- Le gisement de marbre d'Idadjo possède des réserves de 6000 000 tonnes de roche de teinte bleutée et susceptible d'un bleu poli. Il existe d'autres réserves telles que celles du Mono et celle d ' Atomè Lonkli ;
- Les réserves d'argile céramique de Gbédji-kotovi (5 millions de tonnes), de Massi ( 1,5 millions de tonnes) et de Zogbodomè (10 millions de tonnes). Ces argiles peuvent être utilisées pour la fabrication de briques cuites, de tuiles et de carreaux ;
- Les réserves de kaolin (argile blanche) de Kétou sont de meilleure qualité ;
- Les réserves de sable siliceux dans la région de Houéyogbé et de Sèmè que la teneur élevée en silice rend propices à une utilisation en verrerie, en céramique et à nombreuses autres applications (cellules d'énergie solaire par exemple) ;
- Le gypse de Gbokpa pour l'industrie de ciment ;
Les travaux de prospection et de cartographie géologiques ont permis d'identifier un certain nombre de gisements d'or, de phosphate, de rutile, d'ilménite, de fer.
Le Bénin dispose également des ressources en pétrole estimées à 5,2 milliards de barils et en gaz évaluées à 91 milliards de m3.
Le code minier déterminant le cadre légal d’exploitation de ces ressources est très incitatif.
L’Etat béninois entend promouvoir activement la création des unités industrielles ou semi-industrielles de production de matériaux locaux de construction.
Les domaines d’opportunité en matière de fourniture d’eau sont :
- les forages et la réhabilitation de forages équipés de pompes à motricité humaine ;
- le forage de puits modernes ;
- la réhabilitation des pompes.
La situation énergétique du Bénin est caractérisée par :
- la forte dépendance du Bénin à l’importation d’énergie ;
- la demande croissante des populations et des entreprises en énergie ;
- le retard important que connaît le pays en matière d’électrification rurale ;
Sont autant d’opportunités pour les investisseurs privés dans l’électricité, les produits pétroliers et l’énergie solaire. Les grands projets en attente dans le domaine sont :
- l’aménagement hydroélectrique du fleuve Mono (Projet Adjarala) ;
- le projet de construction d’un barrage sur le Mékrou au site de Dyodyonga ;
- l’interconnexion Nord Togo/Nord Bénin ;
- l’interconnexion de la CEB au NEPA du Nigeria.
- La vulgarisation des équipements.
La consommation apparente de produits pétroliers a crû en moyenne de 16% par an ces deux dernières années. Cela s’explique en grande partie par une croissance moyenne du secteur des transports de 24% par an entre 1996 et 1998. La facture énergétique de 1999 s’établissait à 45 milliards en 1999, soit 6% du PIB.
Sur le plan industriel :
Les importants investissements réalisés au cours de la période 1975 -1985 ont donné lieu à la création d'un certain nombre d'unités industrielles non encore privatisées dont la réhabilitation est source d’opportunités importantes. Il s'agit notamment de :
- L'usine de concentré de tomate de Natitingou ;
- L'usine de traitement de noix de cajou de Parakou ;
- Le complexe sucrier de Savè ;
- La brasserie d'Abomey ;
- La maïserie de Bohicon ;
- Le complexe agricole de Za Alahé etc ;
- la SBEE
Sur le plan des transports :
Sur le plan des infrastructures routières, plusieurs projets sont en instance dont :
- l’aménagement et le bitumage de la route Akpro-Missérété-Ouinhi-Bonou-Kpédékpo ;
- l’aménagement et le bitumage de la route Djougou-N’dali-Nikki-Tchicandou ;
- la création d’une société de transport en commun en partenariat avec le secteur privé
- la construction d’un nouveau port
- la rénovation des aéroports secondaires ;
- la construction de l’aéroport de classe internationale de Glodjigbé ;
- la construction d’un aéroport à Parakou
- la poursuite de la rénovation des infrastructures du réseau ferroviaire
- la programmation de nouveaux investissements d’équipement
Les opportunités existantes sont :
- la création de centres communautaires pour la pratique du rituel Guèlèdè et la formation d’artisans et d’étudiants dans le domaine. Il en est de même du recensement et de la conservation des chefs-d’œuvre. L’organisation des championnats est également un domaine dans lequel le secteur privé peut prendre une part active. Dans le domaine des loisirs, les domaines d’opportunité sont :
- l’organisation du festival national des jouets pour enfant ;
- l’organisation de l’opération trait d’union jeunesse et personnes du 3è âge
- l’appui aux structures d’animation de loisirs ;
- l’organisation des journées de loisirs pour les personnes du 3è âge ;
- l’organisation des sorties découvertes pour les jeunes
- la formation des animateurs de colonies de vacances
- l’organisation de voyages d’étude ;
- la réhabilitation et l’équipement en matériels sportifs, ludiques et informatifs de divers centres de jeunes et de loisirs.
Le premier atout touristique au Bénin, c’est la richesse et la variété de ses attraits. En effet, réputé pour son histoire et son hospitalité légendaire, le Bénin, berceau du vodoun, offre en modèle réduit tout ce que peut offrir l’Afrique touristique.
Depuis juillet 1996, le pays dispose d’une Politique Nationale de Développement du Tourisme qui a été élaborée sur la base d’un diagnostic de tout le secteur. Cette politique définit les mesures d’accompagnement pour une mise en valeur conséquente du patrimoine touristique béninois.
Les domaines dans lesquels les opérateurs touristiques pourraient investir sont :
- l’aménagement des sites touristiques ;
- la mise en œuvre d’une politique d’implantation et/ou d’aménagement par le secteur privé des infrastructures touristiques et hôtelières ;
- la création d’un centre de formation aux métiers du tourisme ;
- la création d’agences régionales de développement du tourisme.
Le Bénin représente la cinquième destination touristique ouest-africaine après le Ghana, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Nigeria. Il est une importante destination touristique comme le montre l’évolution des arrivées ces dernières années. Les recettes touristiques sont évaluées à près de 24 milliards de francs CFA en 2000.

Sur le plan artisanal
Loi 98-037 portant code de l’artisanat, le salon national de l’artisanat (SNAB), journée de l’artisan au Bénin (JAB) institués par décret N° 97-499 du 16 octobre 1997. Ces manifestations sont à leur 6è édition en 2002. Elles sont destinées à promouvoir les produits artisanaux (de production, service et d’art) béninois sur les marchés nationaux et étrangers.
Le Programme d’insertion des jeunes artisans (PIJA) qui servira à l’octroi des prêts en vue de l’acquisition des premiers équipements et de matières premières qui seront mis à la disposition des bénéficiaires individuels ou constitués en groupe. Le fonds est géré par le Fonds de Développement de la Formation Professionnelle Continue et de l’Apprentissage (FODEFCA) en collaboration avec la FENAB, le RAC, le GAAP, la CAB.
« Est artisan tout travailleur indépendant de l’un ou l’autre sexe qui exerce une activité artisanale, laquelle consiste en l’extraction, la transformation de biens et/ou la prestation de services grâce à des procédés techniques dont la maîtrise requiert une formation notamment par la pratique »
Le système bancaire classique ne finance aujourd’hui que 16% du PIB de l’Union.
Avec 6 banques et 84 guichets permanents et 3 établissements financiers, le Bénin en dehors de la Guinée Bissau est le pays qui dispose du plus petit tissu financier au sein de l’UEMOA encore caractérisé par une forte disparité : 60% à Cotonou et 15% à Porto-Novo.
L’excès de liquidité des banques béninoises du en partie aux entraves de l’accès aux crédits bancaires offrent deux opportunités aux investisseurs :
- porter des projets bancables et retrouver les ressources localement pour exploiter les diverses opportunités ;
- investir dans les innovations financières telles les sociétés de capital-risque ou d’investissement en fonds propres pour participer à la réduction de la pauvreté en exploitant des segments de marchés financiers non encore explorés. Par exemple, le développement des cartes de crédit peut stimuler le commerce électrique
Loi bancaire 90-018 du 27 juillet 1990 régissant l’exercice de la profession bancaire Commission bancaire (1990) pour l’organisation et le contrôle de toutes les banques et établissements financiers de l’Union.
Le secteur mutuel et coopératif organisé par la loi PARMEC offre beaucoup de possibilités pour le financement de proximité des pauvres et pour combler le vide laissé par les banques classiques. La BOAD a mis en place un guichet de refinancement pour les Institutions de Micro-Finance.
La BRVM,
Banque de financement des micro-projets, pendante de la BOAD mise en place pour les gros projets ;
La Banque Régionale de Solidarité pour financement des projets issus de couches sociales défavorisées.
Le Bénin a en partage le Franc CFA (la monnaie de la Communauté Financière Africaine) avec les autres pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Depuis le 1er janvier 1999, cette monnaie a une parité fixe avec l’Euro au taux de 655,957 FCFA pour 1 Euro.
La libre convertibilité et la fixité de la parité du FCFA par rapport à l’Euro engendrent pour les Opérateurs Economiques des avantages certains dont les plus importants sont :
- l’absence de risque de change avec tous les pays de la zone Euro ;
- la facilitation d’études comparatives des prix sur les divers marchés européens ;
- la facilité d’accès aux marchés de tous les pays membres de l’Union Européenne ;
- la simplicité de la facturation pour les entreprises originaires des pays de la zone Euro ou de l’UEMOA ;
- la réduction des coûts de transaction.
Par ailleurs, l’adhésion du Bénin à l’Accord ACP-UE de Cotonou ouvre de réelles perspectives pour l’afflux des investissements de la zone Euro vers le Bénin notamment à travers des accords de coopération et de partenariat interentreprises.
Sur le plan des NTIC
La libéralisation des télécommunications et l’inefficacité actuelle du marché offrent aux opérateurs des opportunités inestimables en matière d’offre d’Internet, de Vidéo-conférence, de téléphonie mobile, de commerce électronique, etc. il y a une demande potentielle et effective (70 000 environ pour la période 2001-2006) considérable de téléphonie cellulaire non satisfaite jusqu’à ce jour.
Les potentialités, à ce niveau, susceptibles d’accueillir les investissements étrangers directs (IED) sont :
- l’assemblage de matériel informatique ;
- le développement, la maintenance et l’hébergement des sites Web ;
- le commerce électronique ; etc.
C’est pourquoi plusieurs projets dont d’importants projets de numérisation et de raccordements et de formation des acteurs répartis en deux phases sont prévus dans le secteur.
Les projets dans le secteur sont :
- la création de réseaux locaux de câbles pour 10 000 paires en transport et 20 000 paires en distributions
- la réalisation du projet VSAT ;
- la poursuite de la mise en place des systèmes de téléphonie rurale
Sur le plan de l’investissement en capital humain
L’offre de formation est insuffisante pour atteindre l’objectif stratégique qui est de faire du Bénin, un pôle d’excellence et de rayonnement culturel » malgré la libéralisation du secteur. Le Bénin a besoin actuellement de :
- 3 354 instituteurs et instituteurs adjoints ;
- 2 676 professeurs adjoints ;
- 530 professeurs certifiés ;
Dans le domaine universitaire, les domaines d’investissements potentiels sont :
- la résolution du problème d’expansion ;
- la diversification des filières ;
- l’amélioration des capacités opérationnelles des administrations, des laboratoires et autres structures pédagogiques et scientifiques
Un créneau porteur dans le domaine de la santé est la recherche de mécanismes pour exploiter scientifiquement les progrès de la médecine traditionnelle.
En matière d’environnement, les problèmes qui sont source d’opportunités sont :
- la production annuelle de plus de 400 000 tonnes de déchets dont 60% dans la seule ville de Cotonou ;
- la demande de logements non satisfaite de 6 000 logements par an ;
- la dégradation de 86,22% de sols cultivables
les quatre domaines qui nécessitent le plus de financement sont :
- voirie assainissement : 69,25 milliards ;
- urbanisme, : 62,24 milliards ;
- environnement : 42,21 milliards ;
- habitat et construction : 41,99 milliards.
Pour imprimer une nouvelle dynamique à la construction immobilière, l’Etat s’est engagé à étudier favorablement les domaines des promoteurs immobiliers et des acquéreurs de maison : à cet effet, il sera procédé à la bonification des taux d’intérêt, à l’allègement des procédures d’immatriculation et à l’exonération des droits d’enregistrement des parcelles (cf décret N° 99-442 du 17 septembre 1999. (cf périmètre des logements économiques à Abomey-Calavi, ex-champ de tir de Cotonou, banque de l’habitat)
- l’extraction du sable par dragage de la plaine alluviale et des zones d’ensablement du lac Nokoué pour lutter contre l’érosion côtière et fournir du sable aux constructeurs immobiliers.
Il existe au Bénin plusieurs structures d’appui aux entreprises qui, malheureusement, ne sont pas toujours connues des entrepreneurs. Nous pouvons citer :
- la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin où l’on trouve le Centre de Formalités des Entreprises (CFE) ou Guichet unique et le centre d’accueil des investisseurs et le Service Information et Documentation ;
- le Centre de Promotion qui instruit les dossiers de demande d’agrément aux régimes privilégiés et qui peut donner des informations sur les opportunités industrielles ;
- L’Office Béninois des Ressources Géologiques et Minières (OBRGM) qui fournit toutes les opportunités en matières minières ;
- L’Office Béninois des Opportunités d’Affaires (OBOPAF) qui fournit des informations sur toutes les opportunités d’affaires internes et externes ;
- Le Centre Béninois de Commerce Extérieur (CBCE) qui fournit toutes les informations sur le commerce extérieur au Bénin ;
- L’Association de Développement des Exportations (ADEx) qui appuie financièrement toutes les initiatives destinées à lever les contraintes liées aux différents paliers de l’exportation ;
- Le FODEFCA qui appuie toutes les initiatives en matière de formation ;
- Le programme spécial de promotion des PME/PMI du Ministère, de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion de l’Emploi destiné à supporter toutes les initiatives en matière de création et de développement des PME/PMI ;
- Le Fonds de Promotion des PME (FP/PME) domicilié au Ministère des Finances et de l’Economie destiné à faciliter l’accès au crédit des PME.
Toutes ces structures ou initiatives offrent des appuis dont peuvent profiter tout porteur de projets voulant investir dans les activités de création de valeur ajoutée au Bénin.
LA PLACE DES BENINOIS DE L’EXTERIEUR
Nombreux sont les Béninois qui vivent et travaillent sur le continent africain, en Europe et en Amérique du Nord. Cette présence internationale est un réseau indispensable en matière de développement des affaires.
Dans le domaine du commerce, la stratégie du Bénin est de faire profiter le pays de tous les atouts dont il dispose en tant que pays corridor évoluant dans un contexte de paix sociale et de démocratie vivace.
En effet, la poursuite, la consolidation et l’accélération des initiatives en matière d’investissements privés impliquent avant tout de surmonter certaines contraintes qui constituent un véritable frein aux béninois qui vivent à l’extérieur à venir investir dans leur pays.
Les contraintes à l’initiative privée au Bénin
- L’absence réelle de conditions incitatives susceptibles de mieux drainer des investissements directs en provenance de l’étranger, qui devront passer par, outre la stabilité politique et économique mais aussi par une réglementation des affaires conforme aux normes internationales et des infrastructures de base, la modernisation.
- De la limitation de la demande extérieure des produits de rente, avec pour conséquence, la limitation des perspectives d’une croissance rapide de la richesse nationale par le biais de la spécialisation dans les activités primaires, aussi diversifiées soient-elles. Cette limitation de la demande extérieure se trouve renforcer aujourd’hui par la crise financière internationale.
- De la persistance des facteurs sociologiques et comportementaux qui agissent sur la compétitivité et donc sur les coûts, les prix, le salaire et l’emploi (lourdeur et délai de règlement des problèmes, tracasseries, cadre juridique et institutionnelle, corruption). Force est de constater qu’au delà de ces déterminants d’ordre général, il faut mettre un accent particulier sur le poids de la corruption qui constitue un frein à l’initiative privée au Bénin.
CONCLUSION
Depuis 1990, les efforts faits pour assainir le monde des affaires sont immenses.
Il reste néanmoins à informer le plus largement possible les acteurs sur les diverses incitations, les opportunités d’affaires et les structures d’appui qui existent. Les Béninois de l’Extérieur sont non seulement des investisseurs potentiels qui ont besoin de ces informations, mais ils sont également des canaux idéaux de transmission et de diffusion de ces informations à travers le monde.